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« Nous espérons que d’autres anciens Molex seront embauchés »…

23122009

 

 

 

Un article de ce 23 Décembre 2009 dans la Dépêche du Midi :

 

Villemur. « Nous espérons que d’autres anciens Molex seront embauchés »

16 anciens «Molex» ont redémarré l’activité de connectique, hier, sous l’enseigne VMI, un fonds d’investissement du groupe HIG. Rencontres dans les ateliers… Villemur.

 

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Dans le local immense, un homme en blouse grise et bleue s’affaire sur une machine. Demi-tour et le voilà qui se dirige vers le patron. Cette blouse qui a pris valeur de symbole, défrayé la chronique pendant tant de mois et quelque part marqué tous les esprits a quelque chose d’étrange. Normal : elle porte le sigle… Cinch ! Une vieille connaissance, ici, à Villemur-sur-Tarn, d’une époque où l’on ne connaissait encore pas le nom de… Molex. La volonté est clairement affichée pour cet ouvrier qui stoppe une minute en s’essuyant les mains : « Molex c’est du passé, je ne veux plus en entendre parler. Cette boite nous a tués. Il faut regarder devant et grandir avec VMI !» VMI, c’est VilleMur Industries, la toute nouvelle société, du fonds d’investissement HIG, qui vient officiellement de démarrer son activité connectique là même où, voilà plus d’un an, 280 salariés apprenaient qu’ils allaient être licenciés par la firme américaine.

Depuis hier, seize anciens ouvriers Molex retenus sur CV par leur nouveau boss Marc Laisné, ont de nouveau regagné leurs ateliers nettoyés des dernières cicatrices du long combat. « Avec bonheur, un grand plaisir! Aujourd’hui, on a qu’un espoir: se développer. Le but est maintenant d’avancer et de faire embaucher les copains ! », lance Alain, 30 ans de Molex dans le dos mais aussi un optimisme à déplacer les montagnes.

Car, bizarrement, là où l’on s’attendait à voir les visages décrépis, c’est le sourire et l’envie qui s’affichent dans ce petit groupe qui échappe au chômage. Patrick, électrotechnicien, 21 ans de Molex, témoigne du même engouement: « ça fait un effet bizarre de se retrouver là où l’on bossait avec les collègues et de voir des ateliers vides. Mais il faut tourner la page. L’objectif est de réussir le pari et d’embaucher très vite un maximum de monde. Je veux y croire… »

Marie-Christine aussi, est optimiste. Embauchée, dit-elle « pour sa polyvalence », elle aussi espère que «les autres le seront aussi prochainement».

Deux ans de travail

En s’interrogeant sur un petit câble gris « qui ne semble pas de la production », le président de VMI, Marc Laisné lance un sourire à ses employés. Lui aussi semble y croire dur comme fer. Il le dit en tout cas : « Souvent confronté à la suppression de postes et à des situations difficiles, là, je suis heureux car l’avenir s’ouvre à nous. Il n’y a pas de raisons que ça ne marche pas. Sinon je ne serais pas là… »

L’objectif affiché par VIM est une cinquantaine d’emplois à l’horizon 2011. Ce qui ne sera rendu possible que si les commandes augmentent. Mais pour le moment, seul le groupe Molex s’est engagé sur un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros et, de surcroît, sur des produits en fin de vie. Ce qui équivaut à deux ans de travail. C’est bien, mais peu face à plus de deux cents salariés toujours sur le carreau. Devant l’usine, Jacques ne fait pas partie des chanceux : « Je ne savais même pas que ça redémarrait ce jour. Je sors de stage. Après, c’est l’inconnu pour moi ». Un visage, bien connu en revanche, s’approche en allumant une cigarette. Denis Parise, délégué du CE est là, lui aussi, comme quasiment tous les jours. Pour lui, un autre challenge s’engage. Candidat aux régionales sur la liste de Martin Malvy, le leader du combat Molex, délégué du CE, a de nouveau retroussé les manches, fièrement : « on a souvent critiqué les politiques, eh bien on va tenter de se mettre à leur place pour voir si on peut faire leur boulot et retrouver à Villemur une activité industrielle, une vraie… » Les Molex n’ont peut-être pas dit leur dernier mot.

 

 

 

 

 


 

Marc Laisné: « VMI a un vrai avenir devant elle»

Marc Laisné, président de VMI, répond à nos questions.

Comment ont été choisis les 16 salariés de VMI ?

Sur CV et après examens faits par la cellule de reclassement qui a identifié au plus prés nos recherches.

Vous parlez de 5O à 60 salariés fin 2010. Comment comptez-vous y arriver ?

Nous avons comme objectif le développement commercial. D’un côté, Molex s’est engagé sur un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros. mais nous avons déjà plusieurs contacts et je suis surpris de voir à quel point les pouvoirs publics, les élus locaux ont utilisé leurs carnets d’adresses. Je suis impressionné par l’accueil des donneurs d’ordres. La main est tendue. Nos engagements sont crédibles. Il reste maintenant à transformer cela en bons de commandes mais cela ne se fait pas en claquant des doigts…

Les gros marchés avec Renault ou PSA sont durs à décrocher. On parle aussi souvent de rapports de force entre l’État et certains constructeurs. Peut-on y croire encore dans ce contexte ?

Bien entendu mais tout cela prend du temps. Je sais que le ministre travaille beaucoup sur ce sujet. En attendant, les aides permettent d’atteindre les premiers objectifs mais je pense sincèrement que VMI a un vrai avenir.

Vous semblez déjà bien connaître les produits fabriqués ici. Comment faites-vous ?

Cela fait déjà trois mois que l’on planche sur ces produits. Je ne prétends pas maîtriser tout mais effectivement je commence à savoir de quoi je parle…

Sur qui vous appuyez-vous pour organiser le travail ?

Sur des salariés «Molex» embauchés. Je peux vous citer par exemple Marc Gaillard, un ancien cadre, qui est vraiment au top. On a affaire à un grand professionnel. Mais l’ensemble des salariés affiche une réelle envie de foncer et de permettre à l’entreprise de se développer. C’est un grand bonheur de redémarrer la production dans ces conditions.

 

 

 

 

 


 

Ils ont dit

Martin Malvy, président de région.

« Quant une activité démarre, on forme des vœux pour qu’elle réussisse.Mais la montée en puissance doit être rapide sinon la société ne tiendra pas. Et nous attendons toujours la réunion annoncée avec les responsables au plus haut niveau de Renault et PSA. C’est à ce moment-là que nous mesurerons le sérieux de sa démarche ».

Pierre Izard, président du conseil général.

« Certes, une nouvelle production se met en route. Mais malgré les promesses de montée en charge des emplois, la facture sociale est très lourde. Nous conservons l’amère impression d’un « accompagnement » de la démarche de l’actionnaire américain par le gouvernement. Nous avons été reçus, écoutés, comme il se devait… Le Président de la République et le Ministre de l’Industrie ont beaucoup utilisé un vocabulaire offensif, mais le résultat est maigre et fragile. Quelle a été l’utilité de la « médiation » mise en place, sinon de gagner du temps afin que l’indignation locale s’apaise ?

Jean-Claude Boudet, maire de Villemur.

Je suis tout cela avec attention. Mais je pense aussi que le ministre de l’Industrie doit accélérer les choses et mettre rapidement autour de la table les donneurs d’ordres que sont PSA et Renault afin qu’un chiffre d’affaires soit fourni à VMI.

 

 

 

Lire aussi :

 

Vous pouvez également regarder cette vidéo d’une interview d’Estrosi sur Europe1 le 22 Décembre 2009 .

Estrosi continue de s’auto-féliciter sur ce dossier où pour le moment seulement 20 personnes ont repris le travail (ou vont reprendre en janvier pour les 6 derniers).

 

Alors certes c’est mieux que rien et il faut rester optimiste comme diraient mes anciens collègues, mais de la à en faire tout une histoire comme c’est le cas, je trouve ça franchement pitoyable pour plusieurs raisons :

 

- dans quelles conditions mes ex-collègues ont ils repris le travail ?

 

- la charge de travail actuelle est constitué des miettes que Molex avait décidé de laisser dès l’annonce de la fermeture. Estrosi n’est absolument pour rien dans le volume d’activité dont dispose VMI. La seule chose qu’il a été capable de faire, c’est de donner 6,6 millions d’euros d’argent public (le votre, le notre !) à un fond d’investissement américains à risque (HIG Capital) dont la spécialité est de se faire un max d’argent sur du court terme.  Comment refuser de prendre 6,6 millions d’euros garantie par l’Etat ?

Et c’est grâce à qui si aujourd’hui 18 de mes anciens collègues ont « repris » le travail à Villemur ? C’est peut-être à cause de la mobilisation sans faille de certains salariés, et notamment aux militants de la CGT qui grâce à leur exemplaire détermination ont pu obliger le gouvernement à faire semblant de montrer qu’ils ont fait quelque chose (la médiatisation de notre lutte aura été déterminante à ce niveau)

 

- quelles garanties d’une activité pérenne à Villemur/Tarn ? Aucune pour le moment… Les belles paroles du ministre, les belles paroles d’HIG ? Ces belles paroles ne sont pas là pour me rassurer sur l’avenir des salariés qui pour certain d’entre eux sont aujourd’hui en grande difficulté et dont le reclassement va s’avérer être un vrai casse tête, pour ne pas dire impossible !

Quels pouvoirs avons nous aujourd’hui pour forcer qui que ce soit à donner du travail à Villemur ? Soyons réalistes, nous n’en avons aucun !!!

Ce sont bien les grands donneurs d’ordre qui font la pluie et le beau temps dans notre économie mondialisé qui met en concurrence les salariés du monde entier. Et je ne vois pas pourquoi nous aurions droit à un traitement de faveur de la part de ces personnes là !

 

 

Enfin, comme le dit mon ex-collègue Christian avec qui j’ai travaillé pendant de nombreuses années,  il faut maintenant regarder devant avec VMI.

Certes ! Mais personnellement, je ne compte pas sur VMI pour mon avenir (et surtout je n’attend rien d’eux), même si je souhaite réellement que cette entreprise vive longtemps, mais surtout que ses salariés ne subissent pas une fois de plus la violence d’un licenciement injustifié dicté par la loi de la jungle financière !

 

Je suis d’ailleurs très content pour Christian car c’est une personne agréable, vaillante et compétente et qui allait être en grande difficulté.C’est une des rares satisfaction que j’ai de voir qu’une personne comme lui a été retenue pour travailler à Villemur.

Mais en même temps, outre ses qualités indéniables, je connais très bien certaines des motivations qui ont faites qu’il a été choisi par le « staff » de VMI…

Je n’en dirais pas plus !!

 

 

 

 







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