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228 Molex toujours dans la galère

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Article de la Dépêche du Midi du 10 Février 2010

 

 

228 Molex toujours dans la galère

 

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Les 228 salariés pris en charge retrouvent peu à peu le chemin de la confiance, premier pas vers un difficile retour à l’emploi.

 

 

Y-a-t-il une vie professionnelle après Molex ? Jour après jour, les salariés licenciés de l’entreprise de Villemur-sur-Tarn, s’efforcent de le démontrer, avec l’aide de la cellule de reclassement installée sur place. 228 Molex (on les appelle encore ainsi, bien sûr) sont pris en charge depuis le 5 octobre dernier par cette cellule pilotée par le cabinet Sodie, dans le cadre du dispositif légal prévu par le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

L’un de ces fameux plans dont l’intitulé provoque encore amertume et ironie sur place. Faut-il le rappeler ? Les Molex ont d’abord perdu leur emploi, licenciés pour la quasi-totalité, après un long et douloureux conflit avec la direction américaine du groupe. Une lutte devenue en 2009 emblématique du combat contre les délocalisations.

« Le rapport de force final nous a été défavorable, mais il faut que le monde ouvrier continue de se battre », explique Eric. Lui, 29 ans de Molex, son épouse Michèle, 30 ans de boîte. Tous les deux d’un coup privés de travail. Sous le choc, comme leurs collègues. La décompression après tant d e mois de pression : « chape de plomb, coup de fatigue, glisse sobrement Eric. Dans ce cas-là, l’important, c’est de repartir ».

 

 

« sortir du tunnel »

Se reconstruire, repenser à l’avenir : « Nous avons trouvé en arrivant une population avec une forte ancienneté dans l’entreprise, des gens très usés, très désabusés par le conflit. Il a d’abord fallu les sortir de cette morosité », explique André Bergugnath, directeur régional du cabinet Sodie. Réunions d’infos, ateliers thématiques. Réapprendre à croire en soi, en sa force de travail. Car on en était là : « D’abord, leur faire prendre conscience que les compétences des Molex sont reconnues sur le territoire. Ensuite, leur montrer qu’ils peuvent aussi faire autre chose », confie le pilote de la cellule.

Retrouver un emploi ? Impossible sans d’abord « sortir du tunnel, enterrer les vieilles blessures, revenir à une démarche active », explique François Delestre, consultant pour Sodie. Avec un chemin balisé pour retrouver la confiance : « Rédiger un CV, une lettre de motivation, préparer un entretien, éviter d’être candide, cela s’apprend », explique ainsi Jacques Aso, ex-Molex et conseiller municipal.

 

 

« leur image est bonne »

Et ce n’est pas du luxe, car rechercher du travail, c’est souvent du boulot à temps plein : « D’ailleurs, je reçois des lettres de stagiaires même le dimanche », sourit un consultant, ravi de cette motivation retrouvée. « Des consultants à l’écoute et proche de nous », relève un stagiaire en formation. « Cela fait trois mois qu’on se connaît, confirme Marie-Claude, immergée avec ses collègues dans la cellule « délocalisée » de Villemur. On les soutient, on les entraîne, on remobilise leurs ressources. Ils ont des atouts ! »

Certes, mais le marché de l’emploi reste en capilotade. Et après un si long conflit, l’ex-Molex, candidat à l’emploi, craint toujours de tomber sur un patron frileux.Un argument qui s’estompe, estime aujourd’hui André Bergugnath : « Ils ont une image très bonne. Dans aucune des entreprises visitées, je n’ai senti de réserve pour prendre des gens de Molex ».

 

 

 

 


 

Comment réinscrire le salarié licencié dans une démarche active

«Au départ, le salarié a besoin de se confier, de s’exprimer. On fait alors et d’abord un CV d’expérience, explique François Delestre, consultant qui intervient auprès des Molex. Une phase importante pour que le salarié exprime son savoir-faire mais ce CV est tourné vers le passé, parfois teinté de nostalgie. Il faut donc très rapidement enchaîner sur un CV de compétences tourné vers l’avenir qui dit au recruteur non pas «j’ai fait» mais plutôt «je suis en capacité de faire». Il s’agit alors de mettre en valeur ce que la personne sait faire. Et souvent en facilitant la prise de conscience de compétences que la personne ignore ou minimise. Ainsi quand on est capable, par exemple, d’animer un club de foot, ce n’es t pas rien ! L’intérêt du CV de compétences, c’est en plus qu’il est modulable en fonction de l’offre.»

 

 

 

 


 

228 salariés en congé de reclassement

Le nombre de salariés de Molex pris en charge par la cellule de reclassement pilotée par le cabinet Sodie est de 228. Ces salariés sont actuellement et depuis leur licenciement en « congé de reclassement » pour une période de 9 mois. En clair, ils ne pointent pas à Pôle emploi et ne perçoivent pas d’indemnités de chômage. En revanche, ils perçoivent durant toute cette période transitoire une allocation de remplacement versée par l’entreprise. Au bout de neuf mois, s’ils n’ont pas retrouvé du travail, ils basculent dans le régime du chômage. A noter que s’ils ne sont pas demandeurs d’emploi au sens statistique, ils le sont forcément dans la réalité, l’objectif d e la cellule de reclassement étant précisément le retour à l’emploi des personnes prises en charge…

 

 

 

 


 

Où en sont-ils aujourd’hui

Le dernier bilan effectué fin janvier par la commission de suivi constitue une bonne photographie de la situation des Molex, quatre mois après la mise en place de la cellule.

36 CDI (contrats à durée indéterminée)dont 11 chez VMi, le «repreneur».4 CCD (contrats à durée déterminée) ou en intérim de plus de six mois. 15 détachements mis à disposition des entreprises en période d’essai. 3 ont crée leur activité (boutiques CD, vêtements, vente sur marché). 15 sont en cours de créationd’activités (couture, maraîchage, plomberie, restauration, taxi…) 24 en formation longue durée diplômante et qualifiante de huit à dix mois (concours ingénieur, BTS opticien, entretien espaces verts). 110 en formation courte de moins de quatre mois (informatique…).21 en cours de réflexion sur leur projet personnel.

Par ailleurs, 27 personnes aux situations diverses ont choisi de ne pas être «accompagnées» par la cellule et 23 salariés, titulaires de mandats syndicaux, élus du personnel, n’ont pas été licenciés conformément à la loi.

 

 

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