L’audience du tribunal correctionnel pour délit d’entrave repoussé au 6 avril 2010…

17112009

 


 France 3 Sud Midi-Pyrénées 12-13 du 18.11.09

 

 

Une info du tribunal aujourd'hui :

 

L'audience pour le délit d'entrave au tribunal correctionnel de Toulouse est donc repoussé au 6 avril 2010 à 14h.

 

En effet, nous avions appris le report de cette audience le 14 Octobre dernier sans connaître la date exacte (lire ici : L'audience du procès pour délit d'entrave reporté)

 

Voila qui est fait, et comme on pouvait s'en douter, ce procès est reporté aux calendes grecques…

 

Molex fera tout pour ne pas prendre ses responsabilités, et notamment au niveau juridique, en usant de tout les artifices à leur disposition…

 

Et pour finir, d'après ce que nous en avons entendu aujourd'hui au tribunal, les avocats des 2 prévenus ont prévus plus de 2 heures de plaidoirie.

Ca s'annonce passionnant…

 

Ce qui est certain, c'est que nous serons à l'audience en force pour montrer que nous ne sommes pas morts, et que nous ne sommes pas prêts à laisser Molex et sa cohorte de patron voyou s'en sortir si facilement !

 

 

Lire aussi :

 

 

 

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Molex, le voyage des syndicalistes à Chicago (suite et fin)

6112009

 

 

 

 

Diaporama du site internet de la CGT

 

 

 

Pour finir avec ce périple américain des 2 syndicalistes de Molex (lire billet de blog précédent), je vous joint les dernières parutions concernant la manifestation du 30 Octobre dernier devant le siège social à Lisle aux Etats-Unis (banlieue de Chicago) à l'occasion de l'assemblée générale des actionnaires avec le soutien de l’AFL-CIO, la centrale syndicale américaine, mais aussi de plusieurs fédérations USW (sidérurgie), IAM (métallurgie), UE (électronique), Teamsters (transports), Workers United (habillement), des associations comme Jobs with Justice et aussi USLEAP.

 

Après plus de quatre heures d’attente et d’interrogatoire sur leurs actions dans le conflit Molex par la police des frontières à leur arrivée à l'aéroport de Chicago, la délégation française a été finalement relaché après intervention des syndicalistes locaux auprès de membres du Congrès américain.

 

Le 30 Octobre, devant le siège social de Molex, la police locale patrouille avec plusieurs voitures autour du rassemblement et fait respecter la propriété privée : les syndicalistes manifestent sur le bas côté de la route, un mètre pas plus sinon on risque l’arrestation, et on marche en rond, sinon on risque aussi l’arrestation…. Les Teamsters, venus avec leur camion, pour exprimer leur solidarité se voient signifier l’interdiction de se garer, alors ils tournent autour du pâté de maisons, ce qui attire l’attention des automobilistes qui passent par là et , pour certains, klaxonnent en signe de solidarité.

 

 

 

Vidéo de la manifestation du 30.10.09, par les syndicalistes Américains

 

 

 

Ayant des mandats en bonne et due forme (voir le mandat ci-dessous), la délégation française et un représentant de l’AFL-CIO se rendent au lieu de l’Assemblée Générale. Ils sont accueillis par des gardes de sécurité de Molex qui leur signifient qu’ils ne sont pas autorisés par Molex à y participer… Ensuite, la police locale prend le relais et leur signifie qu’ils ont deux minutes pour quitter le territoire Molex, sinon arrestation… Le représentant de l’AFL CIO, lui aussi dûment et régulièrement mandaté pour assister à l’Assemblée Générale des actionnaires, est aussi refoulé.

 

 

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Le jour même, un porte parole de Molex communique une déclaration à la presse (lire ici un extrait en anglais : Chicago unions join French in protesting Lisle company - Chicago Union News)

 

Traduction approximative de l'extrait de la déclaration du porte-parole de Molex :

 

“Molex a récemment finalisé le projet de fermeture de son usine de Villemur-sur-Tarn, France dans le cadre d'une initiative de restructuration globale visant à rationaliser notre structure de coûts afin que nous puissions être compétitifs dans un environnement économique mondial difficile. Nous avons dû prendre la décision difficile de fermer plusieurs de nos sites, y compris des usines en Allemagne, en Slovaquie, en Chine et au Japon. Bien qu'il existe de nombreuses considérations qui entrent dans la décision de fermer une usine, deux facteurs importants sont la rentabilité d'un site et sa viabilité - l'usine de Villemur n'était pas économiquement viable et n'est pas opérationnellement rentable… “

(le rapport d'expertise de SYNDEX démontre le contraire, et ce malgré que les experts comptables n'aient pas eu accès à tous les documents nécessaires et malgré une condamnation en justice de Molex le 06 Février 2009 lui ordonnant de fournir ces documents !)

 

“Nous reconnaissons combien il est difficile quand une usine est fermée, et Molex s'est engagé à agir de façon responsable et à traiter les employés avec respect. Dans tous les cas impliquant une fermeture d'usine, nous avons respecté les exigences légales et avons fourni un plan social équitable, y compris des indemnités de départ et des aides au reclassement. Nous croyons que nous avons respecté tous nos engagements et obligations en France.”

(La mauvaise foi n'a pas de limite… Molex n'a rien respecté, ni les salariés, ni la législation Française. Quand ce porte parole dit que Molex “croit” avoir respecté tous ses engagements, je lui répond que “croire” ne signifie pas “avoir” !)

 

“Nous savons que tout le monde n'est pas en accord avec nos décisions d'affaires, mais nous les faisons parce que nous avons une responsabilité envers nos actionnaires et autres parties prenantes, y compris les employés, les clients, les fournisseurs et les communautés dans lesquelles nous faisons affaires.”

“Aujourd'hui nous avons eu notre assemblée annuelle des actionnaires. Conformément à nos statuts et aux obligations légales qui sont décrits dans notre déclaration de procuration, la participation à la réunion a été limité aux actionnaires.

 

 

Comme nous le montre bien le mandat, Denis Parise et Guy Pavan sont actionnaires de la société… Certes, ce ne sont pas les plus “représentatifs”, mais conformément “aux statuts et aux obligations légales“, ils avaient toute légitimité pour assister à cette assemblée…

 

 

Voilà les 2 questions qui devaient être posés aux dirigeants de Molex :

 

- « le groupe Molex a une Charte d’Ethique qui l’engage au respect des lois dans les pays où il est implanté. Il semble qu’il n’ait pas respecté ses propres principes en Europe et notamment en France à Villemur sur Tarn, où la direction a perdu 4 procès et dont 2 dirigeants sont appelés à comparaître devant le Tribunal correctionnel. Que se passera-t-il si les constructeurs automobiles européens et notamment français, prennent des mesures de restriction à l’égard de Molex, comme ils en ont déjà manifesté l’intention, tout en sachant que le marché européen représente la plus grosse part de l’activité automobile de Molex. »

 

- « La réorganisation commencée en 2007 va entraîner un coût supérieur à 120 millions de dollars et supprimer des milliers d’emplois pour un résultat non garanti. Les différentes réorganisations antérieures n’ont en effet pas prouvé leur efficacité. Ne serait-il pas plus judicieux de mettre cet argent dans l’investissement productif et la recherche afin d’améliorer la productivité et, de ce fait, la compétitivité ? Actionnaires et salariés pourraient y trouver leur compte. »

 

C’est cela que Molex n’a pas voulu entendre : une vérité dérangeante.

 

 

Nous avons ici une preuve supplémentaire que les fameuses chartes d'éthique dont usent et abusent de nombreuses entreprises à capitaux boursiers pour s'acheter une image d'entreprise “responsable” ne sont que du vent destiné à satisfaire les investisseurs et actionnaires, ainsi que les politiciens de la planète !

 

 

 

Molex a également envoyé par e-mail une déclaration interne à tout ses salariés signé du PDG et de son adjoint.

 

Dans cette déclaration que vous pouvez lire ICI (suivie d'une traduction approximative), Molex se défend d'être intervenu auprès des services Américains de l'immigration et laisse entendre que ce serait “l'état d'ivresse” d'un des 2 syndicalistes qui serait la cause de la retenue de plus de 4h dans les locaux de la police des frontières. Mais ceci n'explique pas pourquoi les douaniers avaient un dossier complet sur les 2 syndicalistes, c'est certainement du au hasard…

 

Molex se défend également de vouloir corriger l'ensemble de la désinformation qui est faite sur internet, mais en même temps se permet de vouloir mettre certaines choses au clair via cette déclaration par email. Attitude étonnante : pour que Molex se fende d'un communiqué, il semble que les informations relatés par mes collègues syndicalistes et relayés sur internet (entre autres) via des organes de presse fiables doivent être dérangeantes pour certains…

 

En revanche, Molex ne se prive pas pour désinformer ouvertement l'ensemble de ses employés en relatant des faits qui sont absolument faux et qui ont été maintes fois prouvés par des expertises (je fais allusion aux arguments économiques avancés par Molex pour fermer le site de Villemur. Je vous invite à lire ou relire la synthèse de l'expertise comptable qui démontre que le site de Villemur était le site le plus profitable de la division automobile.)

 

 

 

 

Et pour finir ce billet de blog, le conflit social des Molex de Villemur/Tarn aura également suscité des réactions en Espagne.

 

Ci-dessous une lettre de soutien (en Français) de la fédération des industries des Commissions Ouvrières à la lutte de Molex (CCOO - Espagne)

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Retrouvez cet article (avec des modifications) ainsi que les autres dans le club de Mediapart :

 

 

 

 

 

Lire aussi :

 

 

 

 

 




Estrosi dans l’émission “On n’est pas couché” sur France 2…

5112009

 

 

 

Extrait de l'émission “On n'est pas couché” de France 2 du 31 Octobre 2009.

 

Estrosi était invité, et même l'atroce Zeymmour du Figaro trouve l'issue du dossier Molex “scandaleuse”…

 

 

 

 

 

Langue de bois et mauvaise fois sont ses qualités premières...

 

 

 

 

 




Molex, le voyage de syndicalistes à Chicago, par Guy Pavan

5112009

 

 

 

Un article dans l'Humanité du 05.11.2009 : Molex, le voyage de syndicalistes à Chicago

 

 

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Guy Pavan et Denis Parise, syndicalistes CGT de Molex, sont allés manifester, la semaine dernière, devant le siège social de la multinationale, près de Chicago. Ils ont été refoulés de l’assemblée générale des actionnaires mais ont également pu nouer des contacts avec les syndicats états-uniens.

Par Guy PAVAN

 

 

Théâtre d’un long et emblématique conflit social, l’usine Molex, à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), ne produit plus de connecteurs électriques pour automobiles. La multinationale, basée aux États-Unis, n’a même pas pris la peine de respecter la loi française pour délocaliser la production, fermer le site et le vendre au fonds d’investissement HIG. Celui-ci ne conserve qu’une vingtaine d’emplois, peut-être une cinquantaine, sur les deux cent quatre-vingt-trois. Malgré ses engagements, le gouvernement n’a pas trouvé de repreneur digne de ce nom. Sur place, les syndicats se battent pour que se tienne une table ronde sur l’activité industrielle et obtenir des constructeurs automobiles, PSA et Renault, donneurs d’ordres de Molex, qu’ils s’engagent sur un carnet de commandes qui permettrait le redémarrage de la production. Même s’ils ont les yeux tournés vers un autre avenir, les salariés n’en ont pas tout à fait fini avec leur patron voyou. Au point que deux d’entre eux, Denis Parise et Guy Pavan, syndicalistes de la CGT, ont effectué le voyage jusqu’aux États-Unis, à Chicago, ville qui accueille le siège social de Molex. À la demande de l’Humanité, Guy Pavan a tenu un carnet de bord.

 

 

JEUDI 29 OCTOBRE

Nous avons rendez-vous devant les bureaux d’enregistrement de Roissy-Charles-de- Gaulle avec Hélène Bouneaud, conseillère de la CGT pour les questions internationales, et Chrystel Jaubert, journaliste à la NVO. 8 h 30 : rencontre avec Hélène, que nous ne connaissions pas. Nous remplissons les formalités d’embarquement. Arrivée de Chrystel. 11 heures : décollage.

 

- JEUDI, 14 HEURES (Heure locale)

Arrivée à Chicago. Passage par les services de l’immigration pour le contrôle des passeports. Hélène passe sans problème, Chrystel également. Nous remarquons avec Denis un agent de police corpulent qui ne cesse de nous dévisager. C’est au tour de Denis de se présenter au contrôle : remise du passeport et des documents à remplir pour entrer sur le territoire américain, prise des empreintes digitales, photo. Puis l’agent de police qui nous dévisageait vient récupérer le passeport de Denis et lui fait signe de le rejoindre. Je me doute qu’il va en être de même pour moi. Effectivement, après les formalités d’usage, même sanction. L’agent de police nous conduit dans un poste pour un contrôle plus approfondi. Hélène, qui parle couramment anglais, veut intervenir pour savoir ce qui se passe : l’agent lui fait comprendre d’un geste de la main et sans sourire qu’elle doit s’écarter. Nous voilà donc dans une salle avec de nombreuses autres personnes à attendre on ne sait trop quoi. Environ toutes les dix minutes, des personnes sont appelées par des agents de police : les passeports leur sont rendus et elles peuvent partir. Plus d’une heure après, nous sommes toujours là sans savoir pourquoi. Ça devient inquiétant. Il est interdit de téléphoner et d’informer nos camarades de ce qui arrive. Enfin, je suis appelé par un agent. Je le suis dans un bureau. Il me questionne et je lui fais comprendre que je ne parle pas anglais. Il s’absente. Retour un bon quart d’heure après avec une hôtesse d’Air France qui va servir d’interprète. L’agent de police me soumet à un questionnaire sur le motif de ma venue à Chicago. Le ton est correct. Je peux retourner à la salle d’attente et c’est au tour de Denis de passer à l’interrogatoire.

 

- JEUDI, 16 HEURES

Denis me rejoint. L’hôtesse d’Air France vient nous voir et nous dit que cela va s’arranger rapidement. À 17 heures, nous sommes toujours là. Je suis appelé une deuxième fois. J’entre dans le bureau, un deuxième agent de police est présent pour faire l’interprète : il parle français, mais très mal. C’est lui qui pose des questions que je ne comprends pas du fait de son mauvais français, mais je sens dans le ton un durcissement. Devant mon incompréhension sur les questions posées, l’autre agent de police sort d’un dossier des photocopies d’articles de presse sur le conflit Molex à Villemur. Il prend une photocopie avec photo me montrant lors d’une prise de parole devant la porte de l’entreprise. Très sèchement, il m’est demandé si c’est moi. J’acquiesce et je peux rejoindre Denis dans la salle. Hélène a réussi à nous rejoindre et elle donne à l’agent les mandats attestant que nous allons bien à l’AG des actionnaires de Molex. L’agent les prend ainsi que son passeport. Hélène nous informe que Chrystel, dehors, rameute les camarades des syndicats américains. À cet instant, nous sommes quand même très inquiets même si la remise des mandats les a quelque peu perturbés. L’hôtesse d’Air France revient voir les forces de police. Elle nous dit que cela va s’arranger rapidement. Il est 18 heures et elle nous avait dit la même chose deux heures avant.

 

- JEUDI, 18 H 30

Enfin les passeports nous sont rendus et nous pouvons pénétrer sur le territoire des États-Unis. Nous retrouvons Chrystel, aux côtés du président du syndicat WU (Workers United) dans le Middle West, Noël Beasley. On apprend qu’il est intervenu pour qu’on nous laisse passer. Noël nous amène à l’hôtel où nous arrivons vers 20 h 30.

 

 

VENDREDI 30 OCTOBRE

 

- VENDREDI, 7 H 30

Noël nous récupère pour aller à l’AG des actionnaires de Molex à Lisle, siège social du groupe. Arrivée devant le siège vers 8 h 45. Nous sommes attendus pas une cinquantaine de manifestants venus nous soutenir et qui brandissent des pancartes demandant justice pour les salariés de Molex. Ils sont tous adhérents ou responsables de syndicats. L’ambiance est extrêmement chaleureuse. Denis et moi portons des autocollants CGT. Certains connaissent notre syndicat. United Electric (UE) et WU ont déjà travaillé avec la CGT par le passé. Les manifs n’ont pas le droit de rester statiques, c’est pourquoi nous faisons des allers et retours pendant trois quarts d’heure, sous la pluie, devant le siège de Molex ! Un syndicat de chauffeurs routiers est aussi présent avec un camion mais celui-ci n’a pas eu l’autorisation de stationner  : alors il passe et repasse et klaxonne à chaque fois ! Une femme vient nous voir : elle nous a reconnus. Elle est archiviste et était venue à Villemur-sur-Tarn pendant plusieurs mois pour scanner les plans des machines. Depuis, elle a été licenciée par Molex… Un responsable syndical prend la parole : il dit qu’il faut rester unis contre les fonds de pension. Puis c’est notre tour. J’ai improvisé pendant cinq minutes, d’abord pour remercier les camarades américains de leur accueil, ensuite pour dire que face aux multinationales les salariés doivent s’organiser mondialement. Hélène traduisait.

 

- VENDREDI, 10 HEURES

Direction vers le lieu de l’AG des actionnaires. Des voitures de police arrivent, au grand étonnement des syndicats américains. Nous sommes stoppés devant l’entrée du siège par le service de sécurité de Molex et une femme demande à contrôler nos identités et nos mandats. Nous pouvons entrer dans la propriété et arrivons devant le bâtiment où se tient l’AG. Nous pénétrons dans le hall et nous sommes arrêtés cette fois par le service de sécurité de Molex et repoussés à l’extérieur. Nous présentons à nouveau les mandats, mais ils ne veulent rien savoir. Hélène insiste sur l’illégalité de leur comportement. Rien à faire. Le ton monte. Ils disent qu’ils vont nous faire arrêter si nous ne quittons pas les lieux dans les deux minutes. Ross Hyman, représentant du syndicat AFL-CIO qui détient des actions dans le groupe Molex, est à nos côtés et a toute légitimité en tant qu’actionnaire pour participer à l’AG : il est lui aussi refoulé ! Il y a un fort énervement du côté des vigiles, nous n’insistons pas et rejoignons les manifestants, encadrés par les services de sécurité de Molex et les forces de police arrivées en nombre (cinq ou six voitures). Denis et moi, nous n’étions pas très étonnés par leur rejet : on a vu comment la direction de Molex se comporte à Villemur ! Toute cette armada nous a collés jusqu’à la dislocation de la manif mais, avant, Hélène a pris la parole pour raconter ce qu’il s’est passé. Les manifestants ont hué Molex ! R e t r o u v a i l l e s a v e c quelques syndicalistes dans un café-snack. Les flics et un véhicule de la sécurité de Molex nous ont suivis jusqu’au bar. À l’intérieur, nous discutons de l’événement, qui surprend les syndicalistes. Nous attendons le responsable de l’AFL-CIO, Ross Hyman, qui tente encore d’accéder à l’AG. Arrivée de celui-ci. Il vient de se faire définitivement expulser de l’AG par Molex. Les camarades américains se rendent concrètement compte du comportement de la direction de Molex et sont extrêmement surpris de la présence aussi forte de la police et du rôle qu’elle a joué.

 

- VENDREDI, 13 HEURES

Nous partons vers les locaux du syndicat WU où nous prenons un repas avec des syndiqués. Après-midi de rencontre avec des entreprises en lutte et leurs délégués. Nous relatons notre lutte et eux la leur. Il y a là des salariés d’une entreprise de confection. Et des syndicalistes UE d’une entreprise qui produit à grande échelle des fenêtres. Ils suivaient notre lutte à Villemur depuis longtemps, se souvenaient que nous avions retenu deux dirigeants, voulaient savoir comment on avait fait ! Dans cette entreprise de fenêtres, ils ont occupé l’usine pendant dix jours et les salariés, surtout des femmes, se sont enchaînés aux machines pour qu’elles ne partent pas.

 

 

SAMEDI 31 OCTOBRE

Le matin, avec Chrystel, Hélène et Denis, nous sommes allés à pied nous promener le long des quais de Chicago, sur les bords du lac Michigan. Il faisait froid. J’avais envie de rentrer à la maison. Je n’aime pas les voyages. L’après-midi, nous nous retrouvons dans des locaux syndicaux avec l’UE et le WU pour parler de l’immigration, de la santé et de la syndicalisation. Les discussions avaient lieu en anglais, c’est surtout Hélène qui participait. Les États-Unis sont un pays fait d’immigrés et ils ont un problème avec l’immigration. Ça me dépasse. Les syndicalistes se bagarrent pour avoir un système de santé pour tous. Ils envient le nôtre, qu’on est en train de détruire. Là, il y a des convergences entre nous.

 

- SAMEDI,16 HEURES

Noël nous conduit jusqu’à un cimetière à l’extérieur de Chicago où a été dressée une stèle à la mémoire des grévistes de 1886, les martyrs de Haymarket, qui revendiquaient la journée de travail de huit heures. La police avait tiré sur les manifestants. Des leaders socialistes ou anarchistes ont ensuite été pendus. La grève avait débuté autour du 1er mai. Cette date est devenue ensuite la Fête des travailleurs dans le monde. Pour Noël, c’était important de nous amener en ce lieu.

 

 

DIMANCHE 1ER NOVEMBRE

Nous nous baladons dans les rues de Chicago. Il y a des taxis partout. Les immeubles sont si hauts qu’on ne voit pas le soleil.

 

- DIMANCHE, 20 HEURES

Arrivée à l’aéroport pour prendre l’avion du retour. Je fais le constat que, d’un bout à l’autre de la planète, les ouvriers subissent les mêmes pressions, ont les mêmes problèmes face à un patronat qui a les mêmes objectifs. Face à ce patronat qui est organisé mondialement, nous avons la conviction que, pour le contrer, il faut créer des liens très forts entre les syndicats ouvriers, surtout dans les multinationales. L’initiative de la CGT de nous amener à l’AG des actionnaires avec l’aide des syndicats des États-Unis participe à cette unité.

 

 

 

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Le voyage mouvementé de Guy et Denis aux USA…

2112009

 

 

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Un article sur le site Le Post.fr :

 

C'est une information affligeante, le récit consternant de deux représentants syndicaux de l'usine Molex qui sont invités aux Etats-Unis par le syndicat majoritaire américain, AFL-CIO, et qui sont traités comme des terroristes à leur arrivée sur le territoire.

Quatre heures d'interrogatoire poussé à la douane. Des fonctionnaires qui connaissent leur dossier et qui exposent des articles de presse pour s'assurer qu'ils sont bien en présence des dangereux terroristes.

Des gros bras aidés de la police qui bloquent le passage pour empêcher les deux français de participer à la réunion syndicale à laquelle ils sont pourtant invités en bonne et due forme par leurs collègues nord américains.

Bref, le récit que relate aujourd'hui l'Express est à se taper la tête contre les murs. Car il ne faut pas oublier une chose dans cette histoire : les terroristes ne sont pas ceux que l'on croit et, si vous voulez mon avis, on devrait davantage les chercher au niveau du conseil d'administration de l'entreprise qu'au niveau des salariés.


(
Source: L'Express)

Je ne dirais pas mieux !!

 

 

 

Un sujet dans le 19-20 de France 3 Sud Midi-Pyrénées du 02 Novembre 2009

 

 

 

 

 

Un article dans l'Humanité :

 

Deux syndicalistes français reviennent de Chicago, où ils ont été surveillés par la police et repoussés par la direction américaine.

En quelques jours, Denis Parise et Guy Pavan, deux syndicalistes CGT en lutte contre la fermeture de l’usine Molex à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), ont découvert les deux visages des États-Unis. « Persona non grata » pour les autorités et la direction de la multinationale de l’automobile, « camarades » pour les militants syndicaux de l’AFL-CIO qui les avaient invités et qui les ont rejoints pour manifester devant le siège de Molex, à Lisle, non loin de Chicago. À leur arrivée, jeudi soir, ils ont d’abord été retenus par la police pendant plus de quatre heures, à l’aéroport. Vendredi matin, à l’ouverture de l’assemblée générale des actionnaires de Molex, ils ont été prestement refoulés par des vigiles, encadrés à distance par des policiers… Et cela, alors qu’avec le concours des organisations américaines, dont l’un des fonds de pension est actionnaire de Molex, Denis Parise et Guy Pavan bénéficiaient d’invitations et même de mandats pour s’exprimer devant l’assemblée  ! « C’est incroyable, témoigne Guy Pavan. On ne pensait pas que des petits ouvriers de Villemur pouvaient faire aussi peur que ça aux Américains. » De l’autre côté, l’accueil des militants américains a été extraordinaire. « On est tombés sur un syndicat dans une usine de fenêtres qui avait suivi toute notre lutte, se réjouit encore le Français. Et on a même eu le soutien d’une salariée, à peine licenciée, qui était venue à Villemur pour scanner les plans des machines… » Au moment de regagner la France, Guy Pavan confie un petit regret  : « C’est dommage qu’on ne soit pas venus avant, mais ce qui est sûr, c’est que ce sont des expériences à reconduire  : les patrons s’organisent mondialement, les salariés doivent en faire autant. »